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Stéphanie Hochet, le blog officiel

Presse,présentation, analyse des romans, articles, interviews littéraires


Dossier et Interview du "Magazine des Livres" par A. Rouher.

Publié par Stéphanie Hochet sur 29 Juin 2009, 15:36pm

Catégories : #Dossier Magazine des Livres

Janvier 2009

Et j’escaladerai tous les désirs

    La première chose qui vous surprendra lorsque vous vous saisirez du dernier roman de Stéphanie Hochet, c'est son titre. « Le combat de l'amour et de la faim.» Pour qui connaît cette jeune auteure qui publie là son sixième roman, le titre n'est qu'à moitié inattendu... Des combats oui et des joutes destructrices bien sûr ! Stéphanie Hochet a pour elle l'éventail de cinq romans dont elle s'évente au gré de ses jeunes héros sadiques. Quand elle parle de la faim, ça n'est pas en gourmande : c'est pour creuser des jeûnes. Lorsqu'elle parle de l'amour, ce n'est pas par la sensualité : c'est pour en faire miroiter les nuances au vitriol. Dans tous les cas la relation à l'autre est toujours superbement cannibale. Voici donc, projeté par l'affiche du titre, tout ce qui a fait l'antichambre dérobée des premiers récits... Espoir d'une échappée heureuse ou jeu de vanité ?  

    Voici déjà le premier dépaysement : l'action se passe au début du siècle dans les états du Sud de l'Amérique. Le narrateur – car c'est un homme, Marie, annonce qu'il est recherché par la police. Son crime ? « L'honneur des femmes ». Quels enjeux, quels drames occultes ce crime peut-il impliquer pour qu'il soit jugé plus grave que le meurtre lui-même ? Il faudra lire l'histoire de Marie pour en savoir plus. Que livrer d'emblée si ce n'est que le théâtre initiatique est atrocement féminin.  Tout part de Lula, mère-fille fatale et volage qui sent « l'alcool, la trahison et le rouge à lèvres bon marché ». L'enfant conçoit pour elle un amour fusionnel et incestueux que la mère entretient sans le rechercher, en s'offrant sous les yeux de son fils à des amants brutaux. Tout part de Lula, tout finit par Lula. Chaque femme que Marie aimera sera un prolongement d'elle. Car dans chaque femme, c'est  toujours la même que l'on recherche, que l'on fuit, que l'on désire ou combat. Mais le désir incestueux n'est-il pas le plus exaltant des pêchés ? L'inceste est une passion, sa répétion un lit de miel amer. Rien de plus explosif que son désir contenu, mais quel attentat génial quand il est consommé ! C'est une impossibilité de toute pureté.

    Le combat de l'amour et de la faim, est donc un vrai roman oedipien. Durant tout son itinéraire, le héros ne cesse de buter sur l'inceste. D'amant éconduit, il devient le type d'amant prédateur que sa mère a connu. A raison, Stéphanie Hochet nous projette loin des créatures post-modernes de ses précédents romans : méchants enfants mal gâtés, cyniques écrivains Star. Pour la première fois, elle se place à la genèse du fantasme de puissance. Voilà enfin sa créature à coeur ouvert, fragile et  vulnérable. L'auteure y plonge pour chercher les origines du mal. Elle épluche les strates du développement de son obsession qui, lorsqu'elle est contrariée, débouche sur une pulsion sadique. Le problème, dit-elle, c'est l'impossible réconciliation de la Faim et de l'Amour. De l'ascension à la chute, le héros ne cesse d'exprimer la nostalgie originelle. Celle où la satisfaction de l'amour et de la faim participaient de la même jouissance, se tiraient à partir du même corps, le corps maternel. « Plus tard, rien ne sera comme avant. Il faudra choisir. Combler la faim ou l'amour. Dans le meilleur des cas, on pourra décider de les calmer l'un après l'autre, ce qui est déjà une détérioration de la béatitude primitive.» Aimer l'autre, c'est accepter qu'il soit hors de nous. Stéphanie Hochet s'en fiche ! On ne peut  survivre à l'affront de la séparation originelle : « Je t'aime, je te dévore. » Tout amour doit être retour à la case ventrale ou totale destruction.
    
    Dans ce dernier roman un palier incontestable est franchi : l'affirmation du sentiment et de son abandon. On trouve pour la première fois sous la plume de Stéphanie Hochet un lyrisme poétique certes maîtrisé, mais passionnellement inspiré. La phrase s'étoffe, prend de l'amplitude, s'attache aux perceptions sensibles du monde extérieur ; pour la première fois, l'écriture semble se libérer. De la plus belle épure, elle s'offre et vit sa sensualité.
    Un très beau roman fait de désir et de miel noir. Profond, poétique et d'une grande attraction romanesque. De ces récits qui nous tourmentent comme un très vieil appel et que l'on relit. 

Dossier

Stéphanie HOCHET : Le combat avec l'Ange


    Depuis Moutarde Douce en 2001 qui la propulse à 26 ans au-devant de la scène littéraire, Stéphanie Hochet est un écrivain discret. A l'image de ses petites héroïnes indomptables et sévères, elle construit une oeuvre exigeante. Comme en cachette, elle s'efface avec une application d'insecte. Obsessive, presque mutique derrière l'oeuvre qu'elle construit. 
     Est-il beaucoup d'écrivains qui travaillent à se défaire de l'amabilité redevable au lecteur ? Stéphanie Hochet ne construit pas une oeuvre aimable, encore moins une oeuvre pour appeler les miroirs et se faire aimer. Rarement écrivain (aussi jeune !) aura paru à ce point édifier son oeuvre sur le contraire des effets que recherche la littérature : la séduction, la beauté, l'émotion. Des deux grands principes de la littérature classique qui consistent à susciter effroi et pitié, Stéphanie Hochet ne retient que le premier et s'amuse à soigneusement maltraiter le second, comme un jeune chat la souris qu'il torture en la maintenant le plus longtemps possible en vie. Aussi poursuit-elle avec une constance obstinée, mélange hyperconscient de travail rigoriste et de pur instinct animal, la construction d'une oeuvre littéraire.
    Entrée dans l'univers sans compromis de cette jeune auteure atypique.

L'oeuvre au noir...
   
    S'il existe un point commun entre tous les héros de Stéphanie Hochet c'est la méchanceté. Ses personnages sont de vrais méchants. Pas des méchants de circonstance, des névrosés patentés, des surmenés en crise, des pardonnables pathétiques, non, ses méchants sont des irréductibles habités par un mal pur, cristallin. Ils tirent leur jouissance du pouvoir assujettissant qu'ils exercent sur les autres : dominer, diviser, bref asservir, Stéphanie Hochet explore en 5 romans toute la palette de l'expression du mal et de ses effets sur autrui.
    Dans l'échelle des nuisances, peut-on dire que les plus braves sont d'abord ceux qui se détruisent entre eux ? Ce sont les figures d'écrivain. Chez Stéphanie Hochet, les créateurs sont des sortes de Faux-monnayeurs pour qui l'objet littéraire ne peut s'édifier que sur le champ de bataille du couple et de la fausse monnaie du rapport de force. Détruire pour de vrai pour fabriquer du faux ! Marc Schewin, le romancier à succès de Moutarde Douce ne peut plus écrire que sur et par la relation de miroir qu'il entretient avec ses lectrices. Plus il les hystérise, les dévide, plus elles deviennent source de création et ainsi nourrissent l'oeuvre. De même le couple que forment Jessica et Camille dans Les Infernales. Fusionnelles dans la dévoration, elles forment ce double autocéphale qui ne peut édifier l'oeuvre que sur la destruction lente et sacrificielle de l'une des deux. Pour s'édifier la création absorbe la créature et exalte le créateur. Le moteur de l'oeuvre est toujours le mal.
    Pire : les plus méchants sont toujours ceux que l'on croit les plus purs. Les enfants, eux,  ne peuvent  pas se projeter dans les tentacules de la création littéraire. Stéphanie Hochet présente au fil de ses romans une cohorte d'enfants ou d'adolescents dont la méchanceté confine au sublime. Surdouées, adulées, voilà soudain que ces frêles créatures refusent d'obéir et se prennent à opposer au monde des actions incompréhensibles d'indifférence et de domination. Se démettre des basses politesses,  réduire son entourage à un esclavage psychologique par le mutisme, c'est très rigolo. Tenir les siens d'une emprise panique par le jeûne, mais se nourrir de leur pitié et de leur culpabilité, c'est très goûteux. Jouir de son pouvoir manipulateur, c'est envoûtant ! Léon choisit les armes de la vie moderne : absorption nihiliste derrière un écran, culte de la contradiction, matérialisme brutal. Projetés dans un contexte de fragilité psycho-médical, tous ces symptômes de volonté de puissance peuvent aller jusqu'à la tentation fasciste explorée par le jeune Karl dans  Je ne connais pas ma force.  Mais rien n'est plus métaphysique que la cruauté selon Embrun, petite fille effectivement apocalyptique, pur cristal de génie romanesque. Si le mal a un instinct c'est Embrun, si le mal est une pulsion, c'est Embrun. A 9 ans Embrun dépouille les mères de leur tendresse mammifère, émascule symboliquement les pères ; Embrun règne en divinité nietzschéenne, elle dépouille l'humanité de ses symboles jusqu'à rendre fous les psychiatres eux-mêmes. Bref, le plus grand talent des personnages de Stéphanie Hochet, c'est de transformer l'or en plomb. Par dessus tout, il procure le terrible et sorcier avantage de rester enfant.
   
Aime-moi comme je te détruis.
   
    Derrière la jouissance de déplaire se cache un besoin viscéral d'être aimé. Tous les personnages de Stéphanie Hochet subissent une cassure affective dans l'enfance. L'enfant-scaphandre est un hypersensible qui refuse sa vulnérabilité et la retourne en pulsion offensive. Le monde des humains est haïssable parce qu'il exige que l'amour soit partagé. Embrun dessine des cercles sorciers autour du lit de sa mère pour qu'elle ne tombe pas enceinte, elle fait accuser de pédophilie son beau-père, puis son protecteur. Karl voue une haine rivale à son frère aîné qui occupe selon lui tout l'espace de reconnaissance paternelle. « Pour moi être aimé n'est rien, c'est être préféré que je désire », dit l'enfant. C'est pourquoi il faut éliminer les autres quel qu'en soit le prix, fragiliser l'être adoré par une terreur coupable afin de le tenir rivé à soi : « (Embrun) avait palpé la faiblesse de sa mère. (…) C'était une quête moins métaphysique que sensorielle ; Embrun avec sa nature de jeune animal y excellait. Elle se recréait un cordon ombilical de cette façon. Elle avait soif d'une communion avec Anne. (…) Elle cherchait l'osmose de toute sa foi, de tout son petit corps tendu ; la période intra-utérine. » Chez Stéphanie Hochet, l'enfant fait la conquête de l'amour, comme un tyran accède au trône : par la guerre, en piétinant la pitié, en exploitant la culpabilité, bref en terrorisant par leurs faiblesses tous ceux qui pourraient faire ombrage. Nostalgie et défiance d'une fusion originelle.

Dieu est mon Néant.

    Soit esclavage et soumission, soit domination et destruction, dans ce champ des forces, il n'y a pas d'interstice possible pour l'amour. Là encore les personnages expriment une terrible résistance à l'abandon. La seule alternative, c'est le désir. Se défier de l'amour, c'est protéger la faille maligne qui mène au coeur, le surcroît d'abandon inévitable. Marc Schewin le sait qui joue de l'écriture épistolaire, le genre littéraire du désir par excellence. Dans la correspondance, le plaisir concomitant est impossible, il est toujours tragiquement différé et donc pathétiquement solitaire. En même temps, c'est l'instrument le plus sûr pour accroître le désir. L'autre n'existant vraiment que dans le manque, l'amour n'est assumé que derrière les barreaux de l'absence, (Marc ne peut aimer qu'une jeune femme incarcérée), ou l'écran de haine que l'on a créé, (Embrun creuse elle-même un écrin d'effroi pour y lover sa mère). Quant à Camille et Jessica leur drame est certainement que leurs possessions  demeurent mentales. La sensualité semble être la frontière invisible qu'il ne faut jamais franchir. Bref, l'amour est là mais dans une coulisse interdite dont l'écriture elle-même se défie.
    Voilà. Aurait-on pu imaginer que toute l'oeuvre fût faite de défiances et de tentations romantiques ? Un désir de puissance créé par une réalité d'impuissance, tel est le sort existentiel des héros de Stéphanie Hochet : la condition de l'homme romantique. Le héros est fait de ce par qui et contre quoi il lutte ; c'est un mystique sans grâce, sans salut, sans dieu. Ce combat contre l'altérité, nous le savons, aboutit fatalement au néant. Le néant, c'est le Bien, c'est l'ultime soulagement contre tous les maux, contre tous les combats. Vivre « entre les plis » dont parle Michaux, « être nul, ras et risible », éprouver la béance du désir et de la sensation, c'est le sommet de l'ataraxie régressive.  Embrun rêve comme le cancrelat de Kafka de se blottir dans la fente du mur : « Plus rien d'autre n'existait, rien que la fissure irrégulière et sombre du mur. Embrun approcha ses doigts, toucha les reliefs, plongea dans l'ouverture presque malgré elle. Elle faillit s'évanouir. Le vide se referma sur elle. » Un néant rien que pour soi c'est confortable, mais un néant à deux c'est mieux : Embrun finit fatalement internée mais aliène avec elle ses médecins ; Léon embarque son père dans la très moderne béance aphasique des Feux de l'amour. Finalement le seul personnage le plus heureusement sauvé, c'est Karl que le retour au réel protège d'une mystique de type nazi.  L'Autre est un gouffre adorable dans lequel loger son néant.

Ego scriptor.

    Dans cette comédie humaine qui s'en sortira le mieux ? Eh bien, les écrivains ! Et dans l'oeuvre de Stéphanie Hochet, ils sont puissants autant que l'écriture et la création doivent l'être. Ce qui fait ma seule force ne faillira pas ! De tous les champs magnétiques, le plus combattu est encore certainement le moi écrivant. On ne cessera jamais d'admirer le soin obsessionnel, quasi chirurgical donné à la mise à distance des faits et des émotions. Comment peut-on à ce point se circonscrire, pour se rejeter tout entier puis s'observer en ombre projetée ? Stéphanie Hochet écrit comme le danseur use de ses muscles et de ses nerfs ; artiste d'elle-même plus que d'aucune autre comédie, elle doit se dresser en dressant le langage, comme on dresse un animal furieux. Ainsi on se révèle monstre, on s'épanouit monstre dans l'écriture parce qu'on est faillible et terrorisé par sa propre vulnérabilité. Aimer Stéphanie Hochet et son oeuvre, c'est aimer ce par quoi l'une et l'autre se combattent. Telle est la posture de l'ange...

Interview

À la ville comme à l’oeuvre, il n’y a, chez Stéphanie Hochet, jeune femme à l’intelligence immédiate, ni mot ni pensée en trop. Rencontre.

Propos recueillis pas Amélie Rouher.

En ce moment, vous écrivez ?
J'ai commencé le début d'un roman. Et comme toujours je suis en train de tâtonner, je découvre mon livre en quelque sorte.  Je débroussaille mon projet. C’est un processus passionnant et toujours un peu inquiétant.
Comment concevez-vous l'écriture d'un roman ?
Sagan comparait le roman à une formule mathématique compliquée. Il faut savoir maîtriser  l'écriture certes, mais aussi les autres paramètres. Le roman c'est un monde clos, refermé. Vous allez connaître et survoler votre monde avec des intrigues et des personnages complexes. Ce sont des paramètres tellement difficiles à maîtriser jusqu'au bout ! Cela ressemble à une équation compliquée. On vit l’intrigue et en même temps il faut toujours essayer d'avoir une vue à long terme. Ces notions sont quasi contradictoires.
Quelle est la place du lecteur lorsque vous écrivez ?
C'est mon jugement littéraire sur ce que j'écris qui m'intéresse. Ca n’exclut évidemment pas les autres mais je dois me faire confiance à ces moments là.
L'effacement de la personne de l'auteur est-il pour vous une condition de la réussite de l'oeuvre ?
Aucun de mes livres n'est autobiographique. Je crée des doubles. J'ai l'impression que ça me sauve et que j’invente une certaine vérité. Lorsque j'ai tenté une fois d'écrire un récit autobiographique, le récit sonnait faux. Je préfère créer des personnages. Certes chaque roman contient des éléments autobiographiques,  des éléments terriblement personnels d’autant plus éloquents pour moi que je les vois avec la distance de l’autre, du personnage.
Quelle est pour vous la fonction de l'écriture ?
Il y a quelque chose de l'ordre de la pulsion, de l’exploration de ses terreurs et ses obsessions et à côté de ça rien ne motive autant que l’exigence d’une oeuvre d'art.  Peut-être que si on perd de vue l’objet, l’œuvre d’art, on se condamne à un résultat égocentrique. 

Dans Les Infernales vous interrogez la création littéraire, ses causes, mais surtout ses conséquences sur l'entourage du créateur. Jusqu'où pour vous peut aller la création ?
La frontière est une ligne de front. Le combat est perpétuel.
   
Comment percevez-vous l'évolution de votre oeuvre ? Depuis Moutarde douce en 2001, on constate une évolution certaine de votre style particulièrement dans la distanciation romanesque. Combat de l'amour et de la faim est le plus fictionnel de vos romans. 
J'ai l'impression d'avoir eu plus d'audace pour Combat de la faim. J'ai fait le voyage sur un autre continent ; j'avais pour référence La traversée des apparences, le premier roman de V. Woolf qui aborde l’Amérique du Sud tel un territoire complètement fantasmé et en même temps étonnement crédible. Je voulais que mon héros soit un personnage authentique évoluant dans un monde recréé presque à l’identique du vrai monde.
Quel est pour vous le fil conducteur de Combat de l'amour et de la faim ?
J'ai voulu suivre le corps de Marie.  Au début, le héros est la chose de sa mère. Ses perceptions sont reliées à celles de sa mère. C’est à ce moment l’histoire d’un corps passif. Autre chose : Je voulais qu'il se perçoive comme un innocent et que les autres le voient comme coupable. Ecrit de l'intérieur à la première personne, le narrateur évolue et chute, son tempérament se transforme au gré de sa faim. 
Vous mettez en scène un personnage qui tente une libération au sein d'un univers  dominé par le dogme religieux et l'interdit.
Le puritanisme est relié à la chair avec toute la pulsion qui est la conséquence des désirs refoulés qui éclatent. L'histoire de la mère du héros est une fille perdue qui cherche à renouer avec les conventions.
Vous écrivez des histoires de filiation.
Oui, je n’y échappe pas, j’ai beaucoup aimé Zola à l’adolescence.
Le rapport à l'argent est étroitement lié aux femmes...
Le  rapport à l'argent du héros, c'est l'obsession du pauvre. Il est forcé de donner un certain prix aux femmes et se met à calculer tout ce qu'elles dépensent. Il devient cynique puisqu’il connaît le prix de toute chose et s’éloigne de la valeur des dites choses.
Vous intégrez dans votre roman une petite fable mythologique où la faim et l'amour s'affrontent...
C'est une référence à la Théogonie d'Hésiode. J’aimais l’idée que le monde soit créé par des titans. Or, dans la théogonie on trouve  la faim et  l'amour.  Ce combat  a son emplacement dans le ventre. C’est l’histoire d’une bataille pour un territoire : la faim et le désir sont situés dans le ventre.  J’ai également pensé au roman picaresque. On dit que le roman picaresque  est le roman du ventre. Un crève la faim  parcourt un pays pour survivre. Il a différents maîtres. Pour le héros de Combat de l’amour et de la faim ce ne sont pas des maîtres mais des maîtresses. Crevant de faim, il est incapable de stabilité, et dévore son entourage.  Toute l'histoire peut être centrée sur ce combat-là  Le livre déploie cette thématique.
Vous accordez beaucoup d'importance à la poésie dans vos romans...
 Mon but ultime serait de faire une oeuvre poétique. Et romanesque pour compliquer le tout.
Est-ce que vous cherchez la forme parfaite ?
Oui. Bien sûr. On est obsédé par la perfection.
Qu'est-ce que vous seriez incapable d'écrire ?
Un ouvrage de philosophie, un polar,  de l'autofiction.
Une histoire d'amour ?
 Ne raconter qu’une histoire d'amour, c'est tarte à la crème. En fait, on s'excite. C'est facile...
Pourtant toute la première partie de Combat de l'amour et de la faim est une histoire d'amour...
Non. C'est de l'exaltation littéraire, biblique, du fantasme mais en même temps il y a quelque chose de frustré qui n'est pas une histoire d'amour. Il faut toujours qu'il y ait une frustration, j’ai l’impression que l’assouvissement marque la fin de quelque chose.
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