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Stéphanie Hochet, le blog officiel

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Article dans Sud Ouest du 10 mai 2009

Publié par Stéphanie Hochet sur 29 Juin 2009, 19:04pm

Catégories : #Combat de l'amour et de la faim

Stéphanie Hochet. Elle nous montre l'homme à nu, sans loi ni sentiment, guidé par ses instincts.

Fuir sa douleur

C’est au tout début du XXème siècle. Là-bas, en Amérique, dans les temps troublés de la ségrégation. Une histoire somme toute ordinaire, celle du jeune Marie Shortfellow, qui suit sa mère d’hôtels crasseux en meublés ordinaires. De ces femmes qui n’en finissent pas de confondre la respectabilité  avec le mariage : « après trois hommes en moyenne, nous déménagions (…) elle attendait de la vie le statut de femme respectée, c’est-à-dire honnêtement mariée. ». Elle finira par épouser un pasteur austère, père de deux enfants : le revêche Tombery et l’énigmatique Heather. Lorsque celle-ci tombe enceinte, Marie est accusé injustement de l’avoir engrossée. Sa mère ne prend pas sa défense. Suprême trahison qui en appellera d’autres. Il décide alors de fuir, comme on fuit sa douleur. Commence alors une longue errance de la Nouvelle-Orléans à la prison de Cheyenne dans le Wyoming. Pour satisfaire sa faim et son désir d’amour, il devient un habile coureur de dots, un expert des tables de jeux. Il séduit trois femmes, les dépouille, les quitte.
Tout au rebours, c’est la peinture des âmes qui intéresse. Celle que nous offre Stéphanie Hochet, jeune auteure déjà consacrée, n’est certes pas avenante et gracieuse. Elle nous montre l’homme à nu, l’homme en liberté, que n’empêche plus aucune loi morale ou religieuse, aucun scrupule, aucun sentiment de devoir et d’honneur, et qui n’a plus qu’à suivre ses instincts.  Car il y a pire que l’abomination d’être pauvre : cette vue passive du monde, sans aspiration vers l’avenir.
Un livre rare, d’une virilité et d’une audace surprenantes, dont l’accent est si poignant qu’il flanque instantanément à bas notre littérature trop souvent maniérée et poussive. Un livre qui n’apporte aucun remède à la misère, qui ne semble même pas admettre qu’on en puisse apporter. Stéphanie Hochet a le sens de la dégradation sans l’espoir du rachat, mais peignant l’une, elle impose constamment l’autre à l’esprit.
On parlera  longtemps de Stéphanie Hochet.

Isabelle Bunisset

Trois étoiles

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