Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Stéphanie Hochet, le blog officiel

Presse,présentation, analyse des romans, articles, interviews littéraires


Les Éphémérides par Valérie Debieux sur le site de La Cause littéraire

Publié par Stéphanie Hochet sur 11 Juin 2012, 14:57pm

Catégories : #Les Éphémérides

Les éphémérides, Stéphanie Hochet

Fin de l’hiver, approche du printemps, A.D. incerto. Glasgow, Londres, Paris. « Et puis, il y eut l’Annonce. La plus grande menace des dernières décennies proférée contre l’Occident, celle avec laquelle tout le monde était censé vivre, le premier enjeu métaphysique qui ne serait pas un choix mais un enfer déposé sur terre que chacun devait aménager à sa façon ». Trois villes, reliées par un point d’intersection, Tara. Une femme, qui vit en Ecosse, loin des hommes, par choix, mais proche d’eux par nécessité. Eleveuse de molosses le jour, dresseuse d’hommes la nuit, Tara partage sa vie avec Patty. Une passion les unit, l’amour pour leurs « Dogs », une nouvelle race de chiens, appelés à survivre à l’humanité après le cataclysme.

À Londres réside son cousin, Simon Black. Artiste-peintre connu auprès de certains milieux, il a pour obsession la projection de l’émotion sur la toile et, plus précisément la peinture du cri. Au détour d’examens médicaux, il apprend qu’il a le cancer de la gorge. Six à mois à vivre, tout au plus.

« Pour moi qui étais déjà condamné, l’Annonce a rétabli une sorte de justice. Pourquoi se lamenter si nous n’en avons plus que pour trois mois ? Le pronostic vital décrété par les médecins avec la fameuse question : combien de temps me reste-il ? m’a plus abattu que l’idée de la souffrance physique. Je n’ai pas voulu de cette histoire personnelle, je ne m’y suis pas reconnu, ce n’était pas pour moi. Si l’espérance de vie est la même pour tout le monde ici, je ne me sens plus concerné par cette maladie, il m’est permis de l’ignorer, une raison supérieure l’annihile. Sans être guéri, j’estime que je ne suis plus malade. Elle ne m’aura pas. L’Annonce m’a sauvé ». Puis, sans avertissement, survient la rencontre. L’Amour s’est invité à la table de sa vie, Simon a dit « oui » sans réfléchir. Elle s’appelle Ecuador, une chanteuse tchadienne peule, à la démarche élancée, à l’allure aristocratique. Ecuador vit des ruines de sa richesse perdue. À eux deux, ils osent. Ils vont se découvrir l’un à travers l’autre et leur être s’emplir d’amour, de cet amour qui transcende…

À Paris vivent Bernard et Sophie. Ils ont une fille, Ludivine, neuf ans. La mère ne vit que par et à travers l’enfant. « Je ne suis pas parvenue à imaginer Ludivine adulte. Une part de moi en conçoit de la honte. L’autre part est une pulsion maternelle hurlante incapable d’accepter même en rêve la séparation d’avec l’enfant. Dans mon esprit, l’enfant est lenfant, seule, unique, dépendante. Lenfant sera toujours lenfant sorti de mon ventre, venue de moi, chair de ma chair, un être réduit à cet état d’immaturité adorable, un bloc de pureté inaccessible au vieillissement, un corps que je peux saisir entièrement dans mes bras ». Toutefois, un événement crée une brèche dans l’édifice de la mère. Sa sœur, Alice, partie retrouver Tara en Ecosse, invite Ludivine à la rejoindre. La mère, à contrecœur, accepte. L’enfant part, « quitte son ventre » et la peur s’y installe. Avant sa venue, Tara, elle aussi, s’interroge : « Je ne sais même pas comment on fait pour s’occuper d’un gosse. Un gosse, ça crie, ça gigote, ça demande des explications sur tout et ça tend la main aux animaux qui passent par là, souris, chats, chiens, Dogs. Alors ça prend des risques. Et si on la rend à ses parents en moins bon état qu’à l’arrivée, ce sera sûrement un drame ». À la ferme, Ludivine est accueillie avec douceur par Alice, Tara et Patty ainsi que les « Dogs ». « Ludivine est arrivée depuis quelques heures seulement et mes petits chéris sont déjà habitués à elle, acceptent sa présence. Comment a-t-elle fait ? ».

L’ouvrage de Stéphanie Hochet ressemble à un puzzle où, avant leur assemblage qui s’opère en toute harmonie, chaque pièce est minutieusement décrite. L’auteur réussit, avec élégance, à tracer le contour de ses personnages et à leur insuffler une âme et ce, qu’il s’agisse des protagonistes principaux ou secondaires, comme les clients fréquentant le club de Tara. Personne n’est oublié. Le moteur essentiel de ce roman, l’amour. Cet amour, à qui la Vie doit tout, sans qui la Vie ne serait rien, surtout à l’approche d’une fin imminente… « Maintenant, lecteur, tu peux revenir à la première page de ce texte si tu souhaites lire la suite de cette histoire ».


 

Valérie Debieux

Retrouvez l'article sur le site de La cause Littéraire :

http://www.lacauselitteraire.fr/les-ephemerides-stephanie-hochet.html

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents