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Stéphanie Hochet, le blog officiel

Presse,présentation, analyse des romans, articles, interviews littéraires


L'apocalypse selon Embrun, Editions Stock, février 2004

 


"I Will show you fear in a handful of dust." The Waste Land, T.S. Eliot.

"Je te montrerai ton effroi dans une poignée de poussière."

La Terre Vaine, T.S. Eliot.

 *Mot de l'éditeur :

Anne et Albert se préparaient une existence simple et tiède dans un petit village à la campagne. Mais leur amour décline. Le jour où leur vient une petite fille chétive et brune qu'ils nomment Embrun (en hommage à un poème de Victor Hugo), le couple se sépare. Anne connaîtra pendant quelques années une vie amoureuse agitée.

Embrun n'est ni jolie ni attachante. Sa présence provoque la gêne et le malaise, elle dégage une énergie obscure qui déstabilise son entourage. Elle sera une élève médiocre, dissipée et exaspérante, impossible à cerner. Est-elle moqueuse ou attardée ? Quand Anne va tenter de refaire sa vie avec Franz, déjà père de deux enfants, les pulsions sadiques et la perversité d'Embrun vont perturber l'équilibre de la famille. Sa mère sera sa proie privilégiée, coupable de ne pas savoir aimer cette enfant.

A la fois séductrice, candide et satanique, Embrun est une sorte d'anti-Amélie Poulain qui s'épanouit dans la cruauté et la persécution. Fascinée par le chaos, elle sait utiliser l'image de la sainteté pour mieux régner.

*4ème de couverture :

« Embrun était heureuse. Sa vie intérieure se composait de mille et une satisfactions. Elle avait son monde à elle ; elle méprisait les sentiments de bon aloi : l'amour et l'héroïsme la dégoûtaient. Elle serait toujours à l'abri des idéaux adolescents.

Elle emprisonnait les adultes dans les cercles de sa course. Frelonnait. Son manège les rendait fous. Ils perdaient leur sang-froid et ne savaient plus quoi dire. Ils restaient bouche bée un long moment. Embrun les sentait perdre leur assurance, se désoler, parfois suer. Elle y gagnait de la confiance, se réjouissait et dans une certaine mesure, apprenait la patience. »

*Presse :

-Femme Actuelle, 26 avril 2004.

« Le monde incroyable de l'enfance»

« Elle ne devrait être que rires et joie.

Elle est aussi souvent regrets et blessures.

Des auteurs nous font part de ce qui a marqué leurs premières années. »

« Bébé, déjà, Embrun mettait les puéricultrices mal à l'aise. En grandissant, la petite fille fait preuve de goûts très particuliers : elle aime les insectes, tient son institutrice en respect, déteste les dessins animés de Walt Disney et adore manger les yeux des poissons.

Elle finit par prendre les adultes en otage et les rendre méfiants les uns  vis-à-vis des autres.

Un roman grinçant sur un sujet original : comment une enfant hors norme, manipulatrice et malade, peut faire éclater une famille. »

-NOTES BIBLIOGRAPHIQUES, avril 2004.

« Une lecture grinçante mais forte. »

« A neuf ans, Embrun est une petite fille étrange, un véritable point d'interrogation. Dès sa naissance, elle a inspiré nervosité et inquiétude à son entourage. Elle n'est pas belle du tout, certains la voient comme « une pygmée prématurée »… Est-ce cela qui la pousse ensuite à faire fuir son père, puis les amants de sa mère, sa proie privilégiée ? Plus tard, elle se joue de la bonté de son beau-père, déstabilise ses professeurs, attise avec délectation les mauvais penchants des uns et autres. Elle jouit littéralement de faire du mal, de provoquer, de dire d'horribles choses avec une apparente naïveté . Psychanalyse et enfermement ne donneront rien.

Avec un minimum de moyens, l'auteur trace un portrait plutôt terrible. Elle décortique un caractère, révèle un état d'esprit à la limite du satanique.

Une lecture grinçante mais forte. »

-Le journal de la culture, juillet-août 2004. RJ

Exercice de style
« Comme une parcelle d'océan »

« En lisant le premier paragraphe de L'Apocalypse selon Embrun, je me suis dit que ce livre n'était pas pour moi. Un roman qui s'ouvre sur un mariage, rien d'autre ne me ferait fuir, à part peut-être un roman qui s'achève par un mariage. Lorsque les personnages se marient dès le début, on peut toujours espérer que les choses vont se gâter : c'est cet espoir qui m'a incité à poursuivre ma lecture. Et contre toute attente, en lisant la suite du roman de Stéphanie Hochet, je me suis dit que ce livre était pour moi. « Embrun, comme tous les enfants, était un point d'interrogation : qu'est-ce qui avait pu donner naissance à un tel désastre ? ».

L'arrivée d'Embrun dans la vie d'Anne est un drame que le père de l'enfant refuse d'assumer. La gosse chétive  et minuscule glace le sang par son rire rauque, par ses quintes de toux qui brisent les noces. On la déteste par instinct, comme on déteste le mauvais temps, l'aura qui l'entoure sent le soufre. Embrun occuPe peu de place : sa taille ne dépassera pas un mètre quinze. Pourtant, tout autour d'elle semble se colorer d'une teinte malsaine, le monde à son approche semble se flétrir, faner. C'est son père qui choisit son prénom en hommage à Hugo : « Elle s'appellerait Embrun 'comme une parcelle d'océan' ». Oui, une parcelle, une simple goutte dans la tourmente, mais de celles qui font chavirer les plus fiers vaisseaux…

Ils sont  peu nombreux, ceux qui aiment la petite, ceux qui essaient de la comprendre : Gautier, à sa façon naïve, en devient à la fois le grand frère et la proie. « Parfois l'enfant lui sautait au cou. Gautier était content. Mais Embrun agissait comme les chats qui se frottent aux arbres. Elle n'avait que faire des sentiments, elle marquait son territoire. » L'instituteur, M. Agon, devient son double en noirceur : elle décide d'en faire son père. Pour y parvenir, elle neutralise celui qui a pris la place de son vrai père : Franz, l'amant d'Anne.

Embrun –sorte d'anti-Amélie Poulain- est-elle un être vraiment cruel, ou n'est-elle que l'instrument qui révèle la perversion humaine ? Tout l'art de Stéphanie Hochet est de ne pas répondre à cette question. Et le monstre devient attachant, le lecteur guette avec gourmandise ses phrases dont la candeur pourrait détruire un monde, comme on guette les mots touchants d'un enfant précoce. Comprend-elle seulement ce qu'elle lui fait subir, au monde, par sa seule présence ?

On pourrait reprocher à Stéphanie Hochet, vingt-sept ans – Moutarde douce, son premier roman vient de paraître en Pocket Roman-, son penchant un peu trop prononcé pour le quiproquo, qui tire le roman vers le vaudeville ? Reste que L'Apocalypse selon Embrun dresse le portrait d'un enfant comme on voudrait en voir plus souvent, ne serait-ce que dans les livres : vile et sans pitié, d'une haine infinie et gratuite. » RJ

-PSYCHOLOGIE magazine, février 2004 - Amélie Nothomb.

« Un climat de subtile inquiétude métaphysique »

« Une petite fille qui serait le Mal : non pas le Mal grand-guignolesque de la gosse dans le film L'Exorciste, mais le Mal crédible, la force noire et corruptrice.

Voilà ce que suggère, sans jamais l'écrire, la jeune Stéphanie Hochet dans son troisième roman, L'Apocalypse selon Embrun. Pas de postulat, rien que des pièces à conviction, des documents sur les méfaits de la petite Embrun, 9 ans.

En cette époque bien-pensante où l'on pense si correctement mal, nul doute qu'une telle histoire, si habilement racontée, va scandaliser. « Mais non, protestera le meilleur de nous-même, un enfant ne peut pas être le Mal. » A l'instant où nous refusons d'y croire, la part la plus obscure de notre être nous rappellera la petite nièce odieuse ou le gosse que nous baby-sittions en brûlant de le jeter par la fenêtre tant il était gratuitement abject. Des enfants imbuvables, nous en avons tous connu plusieurs. Nous réglions la question de généreuse manière : « Ce sont des victimes, c'est la faute des parents, d'une mauvaise éducation, de la télévision, de la société, etc. »

Oui, bien sûr. Là encore, la part la plus obscure de notre être nous rappelle que la petite nièce odieuse avait une grande sœur charmante qui avait pourtant reçu une éducation identique, que tel môme défenestrable était adorable avec tous sauf avec nous, et autres signes troublants de la perversité de certains enfants. C'est sur ce constat inavouable que fonctionne le roman de Stéphanie Hochet.

Son texte est jubilatoire, mais l'auteur a l'élégance et l'intelligence de ne pas abuser de ce qui pourrait être une aubaine narrative : le thème de l'enfant maléfique n'est pas ici surexploité. Dans ce récit d'une maturité stupéfiante chez un auteur de 28 ans, on assiste surtout à la naissance d'une angoisse, celle des adultes pleins de bonne volonté qui tentent désespérément de comprendre la petite fille.

Le style tendu et retenu de Stéphanie Hochet excelle à distiller, à la manière du Polanski de Rosemary's Baby, un climat de subtile inquiétude métaphysique. »



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