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Stéphanie Hochet, le blog officiel

Presse,présentation, analyse des romans, articles, interviews littéraires


Les infernales, Editions Stock,avril 2005


«  Cependant, les crimes de l'extrême civilisation sont, certainement,  plus atroces que ceux de l'extrême barbarie par le fait de leur raffinement, de la corruption qu'ils supposent, et de leur degré supérieur d'intellectualité. »....

Les Diaboliques, 'La Vengeance d'une femme', Barbey D'Aurevilly

*Mot de l'éditeur :

Qu'est-il arrivé à Jessica Tignard ? Comment la jolie petite fille aux dons prodigieux qui subjuguait son entourage, l'enfant star de la pub, est-elle devenue cette femme terne et gauche, à la fois soumise et revêche ?....

C'est une sorte de crime parfait que nous conte Stéphanie Hochet. Un crime sans cadavre, car Jessica vivra très vieille aux côtés de Camille Mouche, son ancienne rivale sur les castings, celle qui la détestait tout en voulant lui ressembler.....

Quand elles se retrouvent quelques années plus tard, Jessica est vendeuse de cosmétiques, Camille vient de publier un livre. Elles vont sceller un pacte tacite qui fera de Jessica la conseillère littéraire, puis l'esclave, de sa diabolique compagne. Tandis que Jessica s'étiole et dépérit au fil des années, Camille devient une grande dame du roman policier, épanouie et respectée.....

Les Infernales est le récit d'une vengeance accomplie. Telle une araignée tissant sa toile, Camille maintient son emprise sur une victime fragile jusqu'à en faire son esclave consentante.

*4ème de couverture :....

« En passant de l'enfance à l'adolescence, ton caractère avait doublé d'égoïsme. Je ne dis pas que tu étais une personne malsaine, je dis que ta présence écrasante forçait les autres à comparer leur destin au tien, comparaison qui déprimait. Comment pouvait-on ne pas s'attrister de n'être pas toi ? Toute existence semblait terne, salement humble en regard de la tienne ; ça criait vengeance au ciel. »

*Presse :

-L'EXPRESS, mai 2005 – Jacques DUQUESNE....

« Un regard aigu sur la vie »

Amies d'enfer

Proches mais rivales dès l'enfance, Jessica et Camille se haïssent à l'âge adulte. Stéphanie Hochet pose un regard aigu sur la domination.....

L'une réussit, l'autre pas. Elles se sont rencontrées en classe puis sur les plateaux des spots publicitaires mettant en scène des enfants. La jolie Jessica a été sélectionnée, Camille écartée. La classe, l'école l'ont su. Une raison de plus d'admirer Jessica, de moquer la gaucherie de Camille.....

Ainsi vont les années. Jessica, toujours brillante, sûre de son pouvoir, fascine les garçons ; l'autre, Camille, « une fille boudeuse dont le corps anguleux disparaissait au possible dans des survêtements », se réfugie dans les activités sportives.....

Seul un surveillant du lycée devine que cette mal-aimée, silencieuse, toujours le dos appuyé au mur du préau, deviendra une dominatrice.

Capital de rancœur

Il est futé, ce surveillant. Car Camille, la sportive, a accumulé, au fil des ans, un immense capital de rancœur. Elle l'expliquera un jour à Jessica, la bien-aimée : « Ta présence écrasante forçait les autres à comparer leur destin au tien, comparaison qui déprimait. » Plus tard, elles se retrouveront, adultes, quand Jessica, brisée par la mort de sa jeune sœur, regarde enfin Camille. Et celle-ci –surprise…- est en train de réussir. Parce qu'elle a écrit un livre, puis deux, devient, enfin, un écrivain à succès.....

Alors, le rapport dominatrice-dominée s'inverse. Jessica accepte d'être le nègre, la servante de Camille. Elles vieilliront ensemble, aussi mal que possible. Mais ensemble. Et Camille révèlera des capacités de méchanceté, d'égoïsme, que le surveillant du lycée lui-même avait mésestimées.....

« On se trompe parfois de personne à détester », écrit Stéphanie Hochet, auteur de ce bref roman écrit à la pointe sèche. Une étrange et prenante histoire de domination, qui fait parfois penser à Amélie Nothomb. A ceci près qu'il n'y a pas ici la moindre trace d'humour, seulement un regard aigu sur la vie, sur les vies. Une version amère, presque désespérante. Le titre, d'ailleurs, dit tout : Les Infernales. On le sait : l'enfer, c'est l'Autre. ....
Jacques DUQUESNE

-Le Mague, 6 juin 2005....

« Les Amitiés lapidaires » par Frédéric VIGNAL

Les infernales est un livre passerelle entre l'amour des lettres classiques et un conte amoral moderne, une histoire de filles qui deviendront Femmes et que l'on suit toute une existence durant, avec une focale unique, à la fois proche et distanciée sans aucune forme de compromission ni avec le style ni avec une quelconque facilité de traitement.....

Il n'y a pas dans ce livre de désir de plaire ou de séduire en utilisant les armes et usages habituels. Stéphanie Hochet tisse une toile « diabolique » dans le sens le plus psychologique du terme, met en scène avec tact et efficacité les manigances et jeux de pouvoir d'un duo de personnalités complémentaires sans juger, ni trahir la réalité de ses personnages. Nous assistons à des drames plausibles du quotidien.

Portrait/miroir sans état d'âme, sans pathos ni vulgarité d'une génération en mal de reconnaissance, cherchant simplement un peu d'amour pour aller aux bouts de ses rêves artistiques, ses envies plurielles de femmes. Les infernales est une saga sensitive où l'émotion n'est jamais loin, un roman vif et enlevé sans condescendance ni amertume ou encore fausse provocation.....

Dans le rythme particulier imaginé par son auteur, une série d'assertions rapides mises en paragraphes millimétrés et avec un usage judicieux de la parenthèse, l'auteur nous entraîne dans un roman quasiment interactif où l'écrivain s'amuse avec la tension dramatique et ses tenants et aboutissants. Nous sommes captés par cette histoire singulière narrée dans une sobriété pleine d'audaces et un champ référentiel large, précis et respectueux de la langue et des passés immémoriaux. Admiration délirante, amitié fidèle, jalousie, le théâtre des petits joies ou des cruautés ordinaires joue à cache-cache entre le plausible et l'imagination, l'écriture romanesque est un langage.....

Voici donc l'itinéraire de deux filles gâtées, à des synchronies et diachronies diverses. Deux tempéraments, deux parcours, deux sensibilités qui s'interpénètrent aux hasards des événements, des bonheurs et coups du destin. Un lien qui se déchire mais qui jamais ne se rompt. Les infernales est un roman riche qui a un ton, un style, un personnalité rares et qui se comprend à plusieurs niveaux de lecture dont l'une se déroule sous le patronage digne et bienveillant de Barbey D'Aurevilly et Clouzot. Jessica et Camille se suivent, se toisent, s'envisagent, s'éprouvent, se quittent se retrouvent. L'une est une enfant prodige, fille Tignard, l'autre plus lente et moins voyante attend son heure pour devenir un jour un écrivain à succès.....

Entre minauderies piquantes et désillusions, entre joie de l'enfance et vieillissements jaunâtres et prématurés, Jessica Pignard et Camille Mouche nous offrent un spectacle doux amer, pertinent et impertinent nous donnant rendez-vous avec nous-même, à travers le regard acéré d'un écrivain ayant une haute idée de la Littérature. Au royaume des impostures littéraires vous ne trouverez pas le nom de Stéphanie Hochet. A lire au moins une fois avant une autre relecture et beaucoup d'autres ensuite.

Lien : http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article1286

-Le Mague, 7 juin 2005....

Interview de l'écrivain Stéphanie HOCHET par Frédéric VIGNAL....

Petite jeune femme trentenaire brune à l'air bien décidé, Stéphanie Hochet a décidé de vivre pour et par la Littérature, en rendant hommage aux mots et aux écrivains qu'elle admire avec discrétion, talent et dignité. Son dernier roman Les Infernales (Stock) met en scène l'étrange destin de deux ex petites filles devenues femmes puis vieilles femmes et qui auront pendant toute leur existence un lien de dépendance réciproque, d'amitié forte. Un binôme vénéneux et pluriel. Rencontre avec un écrivain de la nouvelle génération qui, elle, ne fait aucune compromission avec son Art. Rencontre.

1. Bonjour Stéphanie Hochet, merci de répondre à nos questions pour le Journal LE MAGUE. Votre roman s'appelle « Les infernales » et celui-ci commence par une citation en exergue de Barbey D'Aurevilly. De plus il y a des références implicites à Clouzot dans votre texte. Pourquoi donc avez-vous tenu à ces hommages en filigrane ?....

C'est-à-dire que lorsque j'ai apporté mon manuscrit à mon éditeur, je suis venu avec mon titre, car je trouve toujours mes titres moi-même. Celui-ci lui a plu et je lui ai dit en riant « Les diaboliques » c'était déjà pris ! Ensuite il a vu la citation en exergue et en effet et il n'a pas été étonné. Barbey est l'un de mes écrivains préférés. Le film de Clouzot m'a impressionné et il y a cette ambiance-là, c'est certain, dans le livre dans le sens de l'association infernale qui se sépare et se retrouve. Un jeu de vipères, une manipulation entre une ancienne petite fille et une autre ancienne petite fille qui s'associent dans un jeu particulier avec l'amitié et la littérature en toile de fond.

2. Ce n'est pas une autofiction mais vous semblez être très intime avec cette histoire, il y a, en tout cas, un vrai ton qui vous ressemble ?....

Oui, c'est le livre dont le ton me ressemble le plus, je crois. Un ton « lapidaire » avec des phrases longues et courtes mais une écriture que l'on peut dire resserrée, avec son rythme propre. J'ai cette voix-là dans la vie ou disons un timbre très proche.

3. Comment avez-vous imaginé cette histoire ?....

Au départ j'avais cette idée de mettre en relation deux personnages, deux filles. Une enfant pub, comme je l'appelle, prodige et une autre qui mettrait plus de temps à triompher, à se réaliser. En fait j'ai découvert cette histoire au fur et à mesure du roman. Je me suis laissée entraîner par l'Écriture.

4. Le thème récurrent est pour ainsi dire « Le Pouvoir », entre deux filles du même âge au même champ référentiel.......

Le pouvoir est LE grand thème de la Littérature. J'ai pris deux filles pour ne pas qu'il y ait de misogynie ou  de misandrie . J'avais envie de disserter sur cette relation féminine à la manière un peu de certains livres de Marguerite Yourcenar. Je voulais témoigner de la magie, de la complicité un peu surannée et mystérieuse qu'il pouvait y avoir entre deux femmes tout au long d'une vie. Je trouve que c'est toujours plus ambigu avec les personnages du même sexe.

5. On a l'impression d'un jeu interactif avec le lecteur pendant tout le roman. Vous mettez en scène cela avec une écriture très inventive où la parenthèse a un rôle très important par exemple.......

J'aime la tension dramatique, suggérer des choses puis me rétracter et emmener le lecteur vers un autre ailleurs. C'est comme dans les films à suspens. L'écriture romanesque permet ces jeux-là que j'affectionne tout particulièrement.

6. Il y a une sorte de Morale particulière derrière toute cette histoire non ?....

La morale est immorale évidemment ou plutôt disons que je suis amorale. Car je ne cherche pas à choquer le bourgeois, à inverser la morale, je suis dans carrément autre chose. Et cela se nomme Amoralité.

7. Votre constat sur la célébrité dans le livre est très personnel.......

J'aime bien que l'on observe les destins dans leur globalité, sur toute une vie et dans cette histoire d'adolescentes modernes, la mise en lumière, la petite reconnaissance que peut avoir une enfant médiatisée très tôt devient une sorte de mesure du 'Sex appeal', j'avais envie de parler de cela.

8. Ce ton 'lapidaire', on pourrait dire qu'il marque une distanciation, qu'il est une sorte de bouclier contre le monde non ?....

Oui j'utilise cela comme une protection. Ce roman est celui qui est le plus proche de moi, je me suis dédoublée à travers ces deux filles. Je suis Camille et Jessica à la fois. Camille est impérieuse un peu suffisante, elle sait où elle va. J'ai de la tendresse pour Jessica car elle évolue pendant toute cette saga par exemple. On a du mal à choisir entre les deux. L'une n'est pas plus « aimable » que l'autre finalement.

9. Les parents de Jessica, les Tignard sont un horrible archétype.......

Ce sont des parents qui veulent absolument le succès pour leur enfant. Ils confondent succès et bonheur. Ils voient le succès comme une assurance infaillible. C'est une grossière erreur évidemment.

10. C'est un vrai tour de force littéraire de suivre deux personnages sur toute une vie.......

Oui, c'est la première fois que je parviens à cela et j'en suis très heureuse. De l'enfance à la vieillesse vécue comme une apothéose douce pas une déchéance. C'est une harmonie.

11. Dans ce livre, il s'agit d'une Histoire de filles mais on pourrait dire avec une « écriture couillue... »....< SPAN>

J'ai la faiblesse de prendre cela pour un compliment. Cela me plaît qu'on trouve mon écriture virile. Une écriture sèche et sans chichi. Je ne veux pas de pathos ni de larmes faciles.

12. On sent une vraie fluidité dans le texte pourtant il a été écrit dans une certaine douleur... ....

Ce livre a été difficile à écrire. Je l'ai fait en trois mois très intenses, sans beaucoup dormir, j'ai retravaillé ensuite la première version. C'était un accouchement très laborieux. J'ai tout donné. J'en suis satisfaite et le prochain est déjà en branle.

13. Quel est votre mot de la fin chère Stéphanie ?....

Lisez-moi, volez mon livre. Prenez du plaisir. Le plus grand compliment qu'on pourrait me faire, ce serait que non seulement on le lise une première fois, mais qu'ensuite on le relise...



-Les Infernales par Carole ZALBERG, 13 juin 2005....

Pour décrypter ce jeu de rôles ciselé à la virgule près, mieux vaut savoir que, dans la langue très personnelle de l'auteur, le pouvoir est toujours un faux ami.....

Petite, Jessica Tignard était de ces enfants-reines à qui tout sourit. Camille Mouche, au même âge, paraissait simplement terne et revêche. Or elle se consumait d'impatience et de désir sans objet. Elle était déjà ce trou noir où toute lumière, toute beauté seraient un jour happées, à commencer par celles de Jessica la bienheureuse. Quelques années plus tard, en effet, le rapport des forces et des rayonnements se trouverait inversé.....

Dans Les infernales, son quatrième roman, Stéphanie Hochet donne corps à la part d'ombre en tout être, matérialise littéralement la faute, ou plutôt son sentiment. Avec une précision d'horloger, elle met en place une relation si complexe, si constamment ambiguë qu'on a au bout du compte l'impression d'avoir été invité à suivre l'évolution d'un seul et même personnage. ....

Le lien qui unit les deux femmes dont l'une, se croyant coupable, sera, sa vie durant, au service de l'autre parce qu'ainsi elle s'estime punie et donc comprise, est quasi organique : un cordon ombilical qui va puiser dans la vitalité, la sensualité de la 'victime' pour nourrir l'irrésistible ascension du 'bourreau'. Mais ce flux qu'on dirait à sens unique et par conséquent éminemment cruel et immoral - l'instrumentalisation d'autrui poussée à l'extrême - est plus trouble qu'il y paraît. La 'victime', en parfait martyr, grandit dans le don de soi, apaise sa douleur, bref, trouve cette sorte de paix que seul le sacrifice sait apporter. Quant au 'bourreau', elle semble certes s'épanouir, 'profiter' comme on dit d'un enfant aux joues rosies qu'il a bien profité du grand air, mais derrière cet apparent bonheur il n'y a rien que la vaine satisfaction d'avoir changé la donne. ....

Car si Camille accède à la gloire quand Jessica (s')est condamnée à l'anonymat, elles partagent de façon très équitable le prix de leur arrangement avec l'envie et la faute : une dépendance aussi irrévocable que réciproque.....

'On se trompe souvent de personne à détester', écrit Stéphanie Hochet. Sachez que dans son monde en miroir, quand on croit avoir enfin compris son erreur, on se trompe encore.......

Carole ZALBERG

Stéphanie Hochet, Les infernales, Stock, 2005, 141 pages, 2005, 14,50 €

Lien : http://www.avoir-alire.com/article.php3?id_article=6638

Site de Carole ZALBERG : http://www.carolezalberg.com

-Le français dans le monde, sept.- oct. 2005

« Roman incisif qui sonde les abîmes de la nature humaine »

Depuis quatre ans, Stéphanie Hochet publie de petits romans incisifs qui sondent les abîmes de la nature humaine, entre néant et apocalypse intérieurs . Les infernales : à lui seul, le titre est un échantillon significatif du ton maléfique auquel elle a accoutumé ses lecteurs – sa griffe, en quelque sorte, perceptible dès les premières phrases : « On se trompe souvent de personne à détester. Pour beaucoup de gens, Jessica (dont les parents travaillent dans une « boîte de prod' de com' » ) est une enfant jolie, très sûre d'elle, à qui tout réussit : « star » de la publicité, elle est aussi chaque année celle de sa classe, à laquelle appartient une autre jeune fille, objet de ses moqueries ou de son indifférence, Camille. B

 

Les infernales, de Stéphanie Hochet BY STÉPHANIE JOLY

Jessica Tignard est une adolescente prodige. Fille chérie de ses parents, élève modèle, jeune beauté à succès, reine des castings : tout lui réussit tant est si bien qu’elle éblouit d’une même lumière ceux qui l’adulent que ceux qui la haïssent. Camille Mouche fait partie des deux catégories à la fois.

Bien que cette dernière ne semble en aucun cas exister aux yeux de Jessica, elle éprouve une fascination haineuse sans bornes pour celle qu’elle admire. Alors qu’elles n’étaient encore que deux enfants, Jessica vola un rôle (publicitaire) à Camille lors d’un casting. Depuis, un fil invisible et venimeux lie les deux adolescentes.

Jessica, elle, semble ne se soucier que d’elle même, et plus encore lorsque Prisca, sa petite sœur, arrive dans la famille. Pour l’adolescente, c’est l’occasion de façonner « son double », et de jouer avec. Cette petite fille, peut-être le plus beau personnage du roman, sera la première victime sacrifiée sur l’autel de l’égoïsme.

Un tragique événement bouleversera tant et si bien la vie de Jessica qu’il en éteindra tous les feux. Pire encore, il en fera une victime par culpabilité, victime par horreur, victime par essence. Au détour d’un hasard, et après des années passées sans la voir, c’est auprès de Camille que la jeune femme cherchera l’écoute et le réconfort nécessaires. Grave erreur.

Jessica ne se forçait pas à rester près de Camille, elle suivait la pente naturelle qui pousse un être instable à vivre dans la sphère d’un oppresseur parce qu’elle lui semble par ailleurs une protection contre un danger plus grand. (…) Ce qui est aberrant devient normal, on finit par croire que tout est pour le mieux. (p. 87)

Qu’est-ce qui fait qu’un être vampirisé, annihilé, reste auprès de son bourreau ? Qu’est-ce qui fait que la gloire et la reconnaissance offerts à un bourreau soient justement le fruit des efforts de sa victime ? Par quelle magie obscure deux personnes peuvent se tenir en laisse aussi longtemps tout en s’inspirant mutuellement autant de haine que d’amour ?

A travers les personnages de Jessica et Camille, Stéphanie Hochet explore deux facettes de la perversité : celle de l’adolescente, bien sûr, qui sait et désire le monde à ses pieds ; celle de la femme adulte qui profite de la faiblesse d’un être pour l’anéantir à son propre profit, lui laissant penser que chacun est indispensable à l’autre.

Plus encore, de Jessica ou de Camille, on ne sait qui est la plus habile dans le jeu de la perversité. Est-ce Camille, esclavagiste moderne, et, aurions nous pu penser, parfait reflet de ce que peuvent être certains patrons de notre siècle ; est-ce Jessica, qui doucement, insidieusement, patiemment, inoculera à sa geôlière la culpabilité que cette dernière lui avait insufflée des années plus tôt ?

Au jeu des vases communicants, tous les perfides s’entendent et dans la tourmente, « on se trompe souvent de personne à détester ».

http://www.pariscilaculture.fr/2011/09/les-infernales-de-stephanie-hochet/

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