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Stéphanie Hochet, le blog officiel

Presse,présentation, analyse des romans, articles, interviews littéraires


Je ne connais pas ma force, éditions Fayard, Août 2007

 

 

 

"J'ai commencé à écrire à l'âge de vingt et un ans. à cette époque, je suivais des études d'anglais, un peu par hasard. J'ai compris depuis qu'il m'avait fallu prendre du recul vis-à-vis de ma langue maternelle, pour y revenir avec plus de lucidité. Je ne connais pas ma force est mon cinquième roman. L'histoire d'un garçon de quinze ans atteint d'une tumeur au cerveau qui trouve la force de guérir en fantasmant sur la volonté de puissance. "

 

 

À quinze ans, Karl Vogel est atteint d'une tumeur au cerveau. Sa mère le conduit à l'hôpital avec la tête d'une femme qui va perdre son fils. Et lui ne sait pas où trouver la force de lui donner tort. Il subit des traitements lourds - chimiothérapie et radiothérapie - mais connaît quelques moments de rémission durant lesquels il s'interroge sur son corps. Le garçon a hérité de la fascination de son père pour la Grande Guerre, champ de bataille sur lequel il fantasme ses exploits. Mais bientôt il s'intéresse aux musculatures d'athlètes. Sa passion va dès lors à l'idéologie nazie dans laquelle il voit une réalisation de la volonté de puissance. Il décide de devenir le Führer de son corps. Sa rage de guérir déclenche sa volonté de domination. Mais celle-ci ne va pas se limiter à son organisme malade. Mettant en pratique sa nouvelle foi, il décide d'" agrandir son territoire ", fait des conquêtes parmi les autres patients, les abandonne, décide qui doit vivre et mourir.

 

Extrait: Quand un garçon n'est pas sportif, il pense qu'il sera tenu à l'écart de la vie héroïque, il se sent obligé de compenser sa nullité par un don de l'esprit - chez moi, c'était la poésie : je m'étais reporté sur une autre forme de cadence. Mais au fond, il demeure frustré. Il ne connaîtra pas l'enivrement qu'il y a à sentir son corps palpiter et bouillir, il ne saura pas le miracle de la métamorphose.

 

Je ne connais pas ma force : It is the story of a 15-year-old boy suffering from brain cancer who finds the way to recover by imagining he can find moral strength in himself. Being in a state of physical distress, he concentrates on will power  - such as Nietzsche theorized it - that arrives  through images of the First World War, and as time goes on, through images that were conveyed by the nazi ideology. He perceives his body as a territory of his own which must be reconquered. During the meantime, he  seems to recover. Following the deductive reasonning carried by his new faith he "extends his territory", domineers over other patients with seduction, decides who can live and who must die.

 

Presse :


"Je ne connais pas ma force" par A. Rouher dans "Le Magazine des Livres" Juillet/Août 2008

L'analysant analysé

Dans le dernier roman de Stéphanie Hochet, un adolescent frappé d'un cancer du cerveau se raconte. Voilà bien un propos qui risquait de tomber dans l'escarcelle des littératures de témoignage à la mode et dans lequel les compassions d'un lectorat facile à prendre auraient pu se réfugier. Or, Stéphanie Hochet livre le contraire de l'effet attendu : on entre dans un véritable travail d'élaboration fictionnelle sans complaisance, stylé et exigent.

Le récit prend la forme d'un bref roman d'éducation. Mais ici, les épreuves ne sont pas imposées par le monde. Au contraire, la maladie apparaît comme une donnée vitale pour expérimenter son pouvoir de domination et de destruction sur le monde. Stéphanie Hochet insuffle alors à son héros toutes les tentations de l'adolescence : fantasme de puissance, manipulation séductrice, jouissance de l'étude de soi dans la souffrance ;  toutes les palettes de l'adolescence sont expérimentées par celui qui les vit. Mais l'originalité vient surtout du choix de narration à la première personne : celui qui subit l'opération tient lui-même le scalpel de chirurgien. Le sujet analysant est lui-même l'objet de l'analyse. Si le jeune homme devient le "Führer" de son corps, il se fait aussi "gladiateur" de l'esprit à la manière d'un Monsieur Teste.

Le pari de l'analyse psychologique est réussi, car son épure primordiale ne cède jamais au lyrisme ni à l'élan pathétique. Le lecteur entre dans la pensée du jeune narrateur qui s'observe vivre, agir, tente d'appliquer à ses actions sa volonté de puissance. C'est précisément ce mélange d'adhésion et de distanciation quasi chirurgicale qui donne au récit sa puissance de fascination et d'effroi. Par son style travaillé, Stéphanie Hochet se permet à la fois quelques échappées poétiques maîtrisées et un style paratactique où brillent des images fulgurantes : "J'aimais l'air âcre de notre ville surpeuplée, la route où s'enfonçaient les voitures tueuses de chats, l'odeur de pourriture des terrains vagues et les hangars entrouverts où l'imagination s'engouffrait. Je raffolais des territoires propices aux offenses. Je finissais par accepter la probabilité de ma fin, j'étais moins sensible à la terreur. Il m'arrivait même d'espérer le pire, que le danger ouvre sa gueule immonde."

Enfin, la chute est une vraie réussite : le jeune narrateur, dans sa jubilation à faire souffrir le lecteur, semble s'engager sur la voie du suicide. Or, contre toute attente, il n'y aura pas d'acte irréversible et encore moins de dépassement de soi. Le récit se termine non par le suicide mais par sa mise en scène. En même temps que le jeune narrateur élève au sommet son art morbide, il en affirme la médiocrité. Initiation ou contre-initiation ? L'auteur termine sur un regard ironique à la fois salvateur pour son personnage, mais peut-être aussi pour son ouvrage.

A. Rouher
    
Article : "Je ne connais pas ma force" sur le site OBIWI


La rentrée n'est encore qu'un vague concept. La plage vous tend les bras. C'est le moment rêvé pour bouquiner les livres de la rentrée de 2007 qui vous avaient échappés. Retour sur le roman de Stéphanie Hochet "Je ne connais pas ma force".
Paru à la rentrée 2007 aux éditions Fayard, Je ne connais pas ma force, cinquième roman de la jeune écrivain française Stéphanie Hochet, nous plonge dans l'univers de Karl, un jeune homme de 15 ans atteint d'une tumeur au cerveau.
Soigné dans un hôpital, entouré d'autres adolescents, il décide alors qu'il ne succombera pas à la maladie. Fasciné par la force du corps lorsqu'il est guidé par des idéologies puissantes, il tombe peu à peu dans le nazisme, ou plutôt sa version du nazisme. Il se couronne "Führer de son corps".
Dès lors, son combat pour guérir prend place dans tous les domaines de sa vie. Karl mène la vie dure à ses camarades de chambre, en choisissant les faibles, les forts, ceux qui méritent son égard - comme de survivre à leurs cancers - et ceux à abandonner en route, voire à supprimer.

Critique...

Ce roman s'avère réellement fort, et bien construit. De plus, la maladie est traitée d'une manière originale. Pas de mélodrame, pas d'émotions surjouées ni de lamentations. Seulement la rage de s'en sortir, de prouver sa capacité non seulement à survivre mais à triompher.

Certes, le chemin choisit par Karl pourrait être surprenant, comme son initiation à la vie marginale et violente. Cela n'en est pas moins saisissant et pertinent. La plongée dans l'esprit de l'adolescent est convaincante. Le désir de surnager, d'être aimé, adulé et d'être fort, indépendant, le plus puissant se rélève sous la plume de Stéphanie Hochent envoûtant ...

Peu à peu le lecteur voit les théories se mettre en place, puis tomber dans une logique implacable. Une leçon de vie, un apprentissage du regard critique tout en subtilité. Le vocabulaire en apparence simple, le style fluide et léger sont en fait toujours d'une précision étonnante. Quelques tournures bien trouvées appuient le déroulement du récit, créent des temps forts tant dans l'histoire que dans la pensée du lecteur. Car oui, ce livre a beau être court, il prête cependant à la réflexion !
    
Une vingtaine d’auteurs au Salon du livre d’Alençon

Le Salon du livre d'Alençon se tiendra samedi et dimanche à la halle au Blé. De nombreux auteurs viendront présenter leurs ouvrages, dont Stéphanie Hochet.
Dans son dernier roman, le cinquième, Stéphanie Hochet aborde un sujet difficile : le cancer chez les adolescents. Sujet douloureux, déjà abordé par le cinéma et la littérature, sauf que Stéphanie Hochet ne le traite pas de manière larmoyante et pathétique, mais d'une façon inattendue.

Karl Vogel a 15 ans et les médecins lui trouvent une tumeur au cerveau. Hospitalisé, le garçon s'ennuie et commence à lire, à s'imaginer des choses. Ses fantasmes le mènent à analyser sa mère, qui ne peut s'empêcher de trop en faire pour satisfaire son enfant malade, son père présent mais toujours ailleurs... Ses lectures l'amènent à lire des récits de la Seconde Guerre mondiale et l'idéologie nazie le séduit par sa volonté et sa force de réalisation.

Dès lors, Karl devient le Führer de son corps, de sa maladie et de son entourage. Sa rage de guérir provoque sa volonté de domination. Mais celle-ci ne va pas se limiter à son organisme malade. Mettant en pratique sa nouvelle foi, il décide d'« agrandir son territoire », fait des conquêtes parmi les autres patients, les abandonne, décide qui doit vivre et mourir. Il voit dans cet état un moyen d'exercer sa vengeance sur un monde qui ne voulait pas de lui. Lui, le poète qui n'aimait pas le sport et dont ses camarades se moquaient. Son cancer va le porter au-dessus.

Ce récit dérange et fascine à la fois. Derrière ce combat particulier contre la maladie, Stéphanie Hochet décrit la cruauté des jeunes malades entre eux et comment il est facile d'être fasciné par une idéologie ou par une forme de violence. Une phrase de Nietzsche, « L'homme est une corde tendue entre la bête et le surhomme, une corde au-dessus d'un abîme », se trouve au début du livre.

Article sur "Je ne connais pas ma force", Léthée Hurtebise - 28 mai 2008

Cette première lecture de Stéphanie Hochet est une belle découverte. Le personnage de Karl se situe loin des clichés d'adolescence banale. Le fait qu'il fut atteint d'un cancer laissait craindre un certain pathétique romanesque mais il n'en est rien. Le plus cruel, dans le roman, n'est pas le mal, mais le personnage lui-même. « Combattre le mal par le mal ».
C'est d'abord par le verbe que Karl entend dominer ses pairs. Puisant dans leurs faiblesses pour les asservir, les séduire, puis les mettre à sa merci, Karl se prête très habilement au jeu de la torture des mots. Finalement, c'est allongé, malade, soumis aux traitements qu'il se révèle le plus dans son caractère dominant. C'est alors une découverte enrichissante pour lui, qui l'amènera à vite se lasser des proies les plus faciles. Un soumis n'éveille plus le désir. Par conséquent, il se tourne vers des proies plus tenaces, plus belles aussi.. et surtout plus morbides.
Sa tumeur fait de lui l'élu : c'est chez lui qu'elle s'est installée, et chez personne d'autre. Toute la cruauté de son jeune âge est exhacerbée par cette conscience/inconscience du monde qui l'entoure. Encore une histoire d'adolescent/Dieu ? Non ! Bien mieux que cela. Karl avoue volontiers et volontairement sa passion pour le nazisme, les guerres, et l'extermination. A travers ce goût de l'horreur, ce que Karl exprime avant tout, c'est le désir d'être craint. Plus que tout l'horreur fait peur, est en marge, est différent, et effraie inmanquablement. N'est-ce pas le privilège du marginal que de faire peur à la norme ?
Tant que le verbe est présent, que la parole s'active, alors l'acte semble impossible. Dans le silence, la barbarie s'offre à la nuit. Voilà comment on pourrait résumer l'évolution de cet être qui après avoir tant séduit par son verbe se transforme volontairement en marbre silencieux, se prêtant à une anorexie verbale des plus redoutables.
Au fond, la force de Karl, c'est la fantasmagorie. Celle-ci, même morbide et machiavélique, le sauve de son malheur. Comme le dit Nancy Huston, dans L'espèce fabulatrice (page 128) : « Les fariboles sont précieuses, miraculeuses. Elles nous permettent, les yeux fixés sur l'idéal, de tenir le coup dans l'adversité. ».

Quelle joie d'avoir lu ces deux livres en même temps ! Magie de la littérature s'auto-illustrant comme un miroir magique !

Enfin, je dois saluer l'écriture de Stéphanie Hochet. Outre quelques belles références, vous trouverez dans ce livre des petites perles de réflexions, servies par une écriture très soignée. Comme Karl, le style de ce roman est hargneux mais s'inscrit toujours dans une rigueur qui fait plaisir à lire dans le lot des jeunesses littéraires.
 
http://lethee.over-blog.com/
    
Article dans "Libération", 13 mars 2008 : "Hochet par Nothomb"

«  Führer de son corps »


« Stéphanie Hochet a 33 ans. Je ne connais pas ma force, paru aux Editions Fayard à la rentrée 2007, est son cinquième roman. La manière dont il est écrit est remarquable.

Les premières lignes suggèrent le témoignage d’un néonazi repenti : un adulte se rappelle des errements idéologiques de son extrême jeunesse. Mais, presque aussitôt, ce pacte narratif est rompu et le récit est rapporté directement, sans le regard adulte, comme une hallucination adolescente en train de se produire. On oublie complètement l’avertissement du début et l’on entre de plain-pied dans l’univers de Karl, 15 ans, fis de communistes.

On pense alors au livre du Berlinois Ingo Hasselbach, Führer Ex. Et puis non, cela n’a rien à voir. Ce qui va pousser Karl vers le nazisme, c’est qu’il a une tumeur au cerveau. La faiblesse que lui révèle ce cancer lui inspire un tel dégoût qu’il décide de devenir "le Führer de son corps".

Pas uniquement de son corps. Dans un hôpital où il est soigné, Karl prend le pouvoir dictatorial au sein du service des adolescents cancéreux. C’est le contraire de la pièce Oscar et la dame rose d’Eric-Emmanuel Schmitt : le cancer rend les jeunes imbuvables et criminels.

L’écriture devient martiale comme celle d’un Fritz Zorn. Ni participes présent ni adverbes pour amortir le processus de destruction, rien pour arrondir les angles. On ne sait si on redoute davantage le mal que Karl subit ou celui qu’il inflige. Ce récit est pourtant celui d’une guérison, double et paradoxale. L’idéologie mortelle de l’adolescent a atomisé sa tumeur et une péripétie fortuite le dégoûte du nazisme.

Comme décontenancé d’être sauvé, Karl fugue, décidé à trouver un autre moyen de se perdre. La fuite a des accents rimbaldiens, le verbe se fait air, mais la fin presque comique prend au dépourvu : lassé du crépuscule des dieux, l’enfant retourne soudain chez papa-maman. L’héroïsme a vécu. Tout rentre dans l’ordre. La maladie avait été la seule épopée possible.

Stéphanie Hochet excelle dans le description du monde hospitalier, de son atmosphère confinée où, coupés de la réalité, des adolescents soignés avec des trésors de bonne volonté sombrent dans des folies non diagnostiquées. On sort de ce roman hanté du savant inconfort qu’on y a connu. »

 

Grand prix du roman de la SGDL, Société Des Gens de Lettres
Je ne connais pas ma force est sélectionné pour le Grand Prix du roman de la SGDL, Société Des Gens de Lettres.

Article du Figaro magazine du 29 décembre 07 par Anthony Palou.

(deux étoiles)

« Le cinquième roman de Stéphanie Hochet se situerait entre le Mars de Fritz Zorn et Le premier qui dort réveille l'autre de Jean-Edern Hallier : l'histoire d'un adolescent atteint d'une tumeur au cerveau. Pour soigner sa maladie, Karl Vogel a décidé qu'il fallait être le « nazi » de son corps. Pour Zorn, le cancer est la conséquence méritée d'une quelconque faiblesse ; on le fabrique. Chez Hallier, le petit Aubert s'invente des histoires pour survivre, en vain. Chez Stéphanie Hochet, la guérison est une affaire de volonté de puissance. Karl Vogel partira en guerre totale contre les cellules qui le rongent et contre les autres malades de l'hôpital, qu'il ne tarde pas à considérer comme des faibles. Ce court et beau roman très écrit a quelque chose de glaçant, comme cette scène où le « héros » brise le cou d'un canari. Car la mort est son métier. »


    
Articles Presse, Brive 2007

Le tour des livres de Jean-Luc AUBARBIER,

L'essor Sarladais, vendredi 30 novembre 2007

Sale gosse

" Troublant, dérangeant et bercé d'un humour grinçant, ainsi peut-on qualifier Je ne connais pas ma force, le cinquième roman de Stéphanie Hochet, publié chez Fayard. Adolescent timide et chétif, préférant la poésie au sport, Karl a toujours fait l'objet de moqueries de la part de ses camarades. Frappé par une maladie, un cancer du cerveau, qui met sa vie en danger, il trouve dans l'admiration du corps, le culte de la force et de l'élan vital, le remède pour se sauver. Le voilà devenu un parfait admirateur d'Adolf Hitler et de l'idéologie nazie. « Un jour, j'ai décidé de devenir le Führer de mon corps. Ma rage de guérir avait engendré ma volonté de domination. Mais celle-ci n'allait pas se limiter à mon organisme malade ». Karl, dont la maladie se transforme de tumeur en folie, manipule ses camarades de chambre et tente d'éliminer un incurrable. Il s'enferme dans des rites obscurs, sacralise ses gestes, « j'ai fait de mon corps une guerre. Tous les coups sont permis » . Karl guérira, mais à quel prix ! " [...]

Foires & comices agricoles par Claire JULLIARD

Brive, la Gaillarde du livre

[...] " Pour un jeune écrivain ni vu ni connu, se voir « assigné » à signer à côté des vedettes tient parfois de l'exercice de motification. Heureusement, il y a le moment magique qui rachète tout. [...] Téméraire, Stéphanie Hochet adopte une attitude offensive avec l'acheteur potentiel : « Je le regarde droit dans les yeux et je lui demande franco : vous voulez que je vous parle de mon livre ? En général, on m'écoute. Parfois avec un sourire un peu crispé, il est vrai. La moitié des gens finissent pas me l'acheter. Aux autres, je dis "A la prochaine fois !" » Stéphanie Hochet a écrit Je ne connais pas ma force chez Fayard. Je serais vous, je l'achèterais. "

Article sur "This is England", film de Shane Meadows

"This is England", ceci est la France, film de Shane Meadows

   En 1983, Shaun Field a douze ans et vit avec sa mère dans une banlieue côtière du nord de l'Angleterre. Son père a perdu la vie dans la guerre des Malouines, ce conflit supposé incontournable selon Margaret Thatcher qui ne plaisantait pas avec la question de la souveraineté politique. Des sarcasmes à l'école, le sentiment de l'isolement et voilà Shaun facilement séduit par un groupe de skinheads qui lui donne l'illusion d'avoir trouvé une famille. Au début, c'est une bande d'adolescents soudés par le look, la musique Punk, le Ska, puis arrive Combo, triste sire, dépressif paradoxal, un ex du clan, fraîchement sorti de prison, qui livre un message politique raciste. La manipulation commence. Shaun fait un premier pas vers Combo qui le prend sous son aile, le garçon ne demandait pas mieux, il va enfin pouvoir justifier sa violence et s'abriter derrière des slogans. C'est là que se fait le point de contact avec mon roman "Je ne connais pas ma force" : la fierté regagnée à travers ces faux-semblants de théorie politique, la tentation de l'extrême et le dégoût qui s'ensuit. Shaun comme Karl, mon personnage, n'est pas un monstre, il passe par là, se perd un moment, cède au racisme ordinaire , glisse vers le pire parce que la violence est acceptable quand on se fie à un leader, l'union tient chaud.
   Les garçons partent en guerre, l'épée au poing, Shaun hisse le drapeau de la croix de Saint Georges au dessus de lui, Karl éperonne une monture fantasmatique et s'imagine lutter contre les ennemis d'un empire qui n'est autre que son propre corps. Il faut l'électrochoc d'une bastonnade mortelle chez l'un, le face à face avec un ancien membre du Troisième Reich chez l'autre pour provoquer un dégoût qui sera le premier mouvement vers la rétractation. Le film de Shane Meadows finit au bord de la mer, mon roman aussi, Shaun et Karl vont au-delà.

© Stéphanie HOCHET 2007
    
Article de J. Savigneau dans "Le Monde des Livres", 19 octobre 2007

Je ne connais pas ma force de Stéphanie Hochet

Pour son cinquième roman, Stéphanie Hochet s'est voulue violente et provocante. Un garçon de 15 ans, Karl Vogel, est gravement malade, hospitalisé pour une tumeur au cerveau. Sa manière de résister est de devenir, comme il le dit, « le Führer » de son corps. De cultiver une fascination pour le IIIème Reich, de tuer son animal de compagnie, un canari, de tenter de débrancher les machines qui aident à vivre d'autres malades… Un texte bref, écrit avec vigueur, talent et volonté de susciter un malaise. Il y parvient, sans pour autant convaincre vraiment.

Pierrette FLEUTIAUX, romancière, prix Fémina 1990, "Nous sommes éternels" :

« Son livre est une métaphore de l'adolescence et des ses fascinations envahissantes, dont on finit par sortir comme d'un rêve. C'est époustouflant, la progression est inexorable, le style acéré comme les instruments de chirurgie. Elle m'a bluffée, Stéphanie. Jamais rien lu comme ça. Pas sentimental pour un clou, rien que du dur, très très bien. »

Article dans "Psychologies Magazine" - septembre 2007
 
En un très court récit autour de Karl, un adolescent de 15 ans atteint d'un cancer, l'auteure réussit à dépeindre de nombreuses facettes de la vie. Le combat face à la maladie, l'esprit rebelle qui anime Karl, la force qu'il tire de ses lectures, ou les rapports père-fils.
Un sujet dur, mais un roman souvent drôle, qui sonne juste.

EMISSION DE RADIO

-Mercredi 3 octobre 2007 : Aligre FM, voix contre oreille, magazine d'actualité sociale et culturelle animé par Florence, de 8h00 à 9h30, 93.1 - site : http://aligrefm.free.fr

-Lundi 8 octobre 2007 : RCF, Radio Chrétienne de France 21h00 - Emission disponible sur www.rcf.fr et TPS (canal 60)

-Dimanche 14 octobre 2007 : RCF, Radio Chrétienne de France  14h00 - Emission disponible sur www.rcf.fr et TPS (canal 60)

EMISSION DE TELEVISION

-Mercredi 26 septembre 2007 : Direct 8, Les livres de la 8

Article dans "Nord Eclair", Patrick DEMAILLY - Septembre 2007.

Coup de coeur

Stéphanie Hochet, Je ne connais pas ma force

On aime ce livre dès son exergue, référence à Nietzsche : " L'homme est une corde tendue entre la bête et le surhomme, une corde au-dessus d'un abîme ". A première vue, on pourrait être accablé par la destinée de Karl Vogel, 15 ans, atteint d'une tumeur au cerveau. Un étrange spécimen, amoral, peu en phase avec son entourage familial, d'une froideur déconcertante, lucide sur sa maladie. Au cours de son séjour à l'hôpital, il bascule vers l'idéologie de l'extrême droite. Fasciné par l'armée du 3ème Reich, il est certain que celle-ci va lui venir en aide. " J'ai fait de mon corps une guerre, tous les coups sont permis ". Plein d'une violence à peine contenue et dominant psychologiquement ses petits camarades souffrants, il accouche d'une nouvelle résolution : éliminer les faibles.

Il y a une véritable force dans la vivante narration de Stéphanie Hochet, du mordant dans l'écriture.

Patrick DEMAILLY
    
Article dans "Biba", Monique AYOUN - Septembre 2007.

Fable étrange

Karl, 15 ans, est atteint d'une tumeur au cerveau. A l'hôpital, il puise réconfort dans les livres de guerre et se passionne pour les nazis. Il décide de devenir le Führer de son corps. Sa rage de guérir déclenche sa volonté de domination. Il fait des conquêtes parmi les autres, décide qui doit vivre et mourir... Écrit dans une langue vigoureuse et tonique, ce récit d'un combat intérieur triomphant captive.

Monique AYOUN

Article dans Discordance Webzine - 31 juillet 2007
Je ne connais pas ma force - S. Hochet
Stéphanie Hochet nous avait déjà étonné avec son premier roman épistolaire Moutarde Douce, publié à l'âge de 26 ans puis avec Le Néant de Léon, L'Apocalypse selon Embrun et Les Infernales, un triptyque que je qualifierai de véritable "Jardin des Délices"...
 
J'attendais avec impatience son nouveau livre et, quelle surprise en découvrant, en lisant, en dévorant avec avidité et frénésie Je ne connais pas ma force, son cinquième roman, à paraître le 16 août prochain chez Fayard.

Karl Vogel est un adolescent d'un milieu ouvrier qui ne trouve pas sa place dans sa famille. Il grandit dans l'ombre d'un père militant communiste qui le considère comme une étrangeté, et jalouse son frère plus en phase avec les attentes paternelles. A quinze ans, il tombe gravement malade.

Voici alors l'histoire d'une guérison paradoxale. Ce garçon atteint d'une tumeur au cerveau entre à l'hôpital pour y subir des traitements lourds qui l'épuisent. Dans les moments de rémission de sa maladie, Karl se raccroche à ce qu'il peut et verse dans l'idéologie d'extrême droite, persuadé que celle-ci va le sauver. Le pire c'est qu'à force de pratiquer l'autosuggestion, l'adolescent guérit, mais son credo fait aussi de lui un criminel en puissance…

« On ne revient pas de l'enfer sans s'interroger sur la signification de sa résurrection » écrit Stéphanie Hochet. En effet, il faut suivre le cheminement psychologique de ce garçon qui finit par faire voeux de silence total, et expérimente l'effet de ce silence sur lui-même d'abord, mais surtout sur les autres. Une logique terrible entrecoupée de moments de grâce où foisonnent les souvenirs qui posent le lecteur dans des états d'apesanteur. Incroyable !

Et toujours ce style classique et lapidaire. La plume aiguisée. De l'humour aussi. Un roman que j'aime, que je défends et un auteur contemporain qui a un bel avenir. A suivre, ou à découvrir.

Je ne connaissais pas cette force de Stéphanie Hochet et vous, la connaissiez-vous ?

Audrey A.

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