Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 18:30

Villa-copie-1.jpg

    En 2012, seize écrivains sont invités à poser leurs valisesle temps d'un mois ou deuxà la Villa Yourcenar, nichée presque au sommet du mont Noir. En ce moment, ils sont trois à bénéficier du calme reposant de la belle demeure. Deux Parisiennes et un Roumain, venus trouver l'inspiration dans un lieu où résonnent les motsde son ancienne occupante.

  Dans la salle à manger de la villa, évidemment on trouve des livres. Plus ou moins bien rangés dans une bibliothèque qui occupe un pan entier de mur, ils invitent au calme et à la réflexion, comme le reste de la maison. C'est certainement ce que Stéphanie Hochet, Anne-Constance Vigier et Jean-Lorin Sterian sont venus chercher : du calme. Les trois auteurs vivent dans ces murs depuis le 3 mai et y resteront jusqu'au 30. « C'est vrai que c'est très tranquille, confirme Stéphanie Hochet. Notre seul repère temporel, c'est le dîner, à 19 h 30, où nous mangeons tous les trois. » Le reste du temps, ils sont libres de faire ce qu'ils veulent, de se lever à l'heure qu'ils se fixent, de rester dans leur chambre ou de partir en balade. Le but de leur présence à la villa : leur fournir un cadre propice au travail. « Je le perçois comme une expérience d'écriture », poursuit l'auteur des Éphémérides (éditions Rivages). Elle s'est fixé un projet, un texte court, et essaie de s'y tenir. Anne-Constance Vigier, elle, cherche autre chose dans cette résidence. « Je n'en avais jamais fait. j'ai une famille, j'écris chez moi, c'était l'occasion de voir s'il était possible de m'en extraire. » Après avoir publié Héritage (éditions Joëlle Losfeld), elle s'attelle désormais à un nouveau roman. Les deux femmes habitent en région parisienne. Elles ont quitté le tintamarre incessant de la capitale pour découvrir un lieu où les uniques bruits s'élèvent du parc qui les entoure. « Ça inspire de grandes descriptions de la nature , s'amuse Stéphanie Hochet. C'est très agréable. » Le silence semble leur seoir à merveille. Bien que... « Samedi soir, j'étais seule, poursuit l'auteur. Je n'avais pas l'habitude et c'était assez impressionnant de se retrouver seule dans une si grande maison au milieu de nulle part. » Jean-Lorin Sterian aime l'isolation que lui procure ce lieu. « Je trouve cela étonnamment confortable », soutient-il. L'homme, arrivé tout droit de Bucarest, est venu avec l'objectif de se couper de tout. « En Roumanie, les écrivains ne font pas qu'écrire. Ils travaillent sur d'autres activités. Je suis journaliste et j'ai un petit théâtre dans mon appartement. » Il avait besoin d'oublier toutes ces préoccupations parasites pour se concentrer sur son livre, intitulé Whoreshop. « Je préfère rester loin de ma vie en Roumanie. Je coupe mon portable, je vais très peu sur Internet. C'est un vrai challenge mais je suis content d'y arriver. » Les trois auteurs ont chacun leur petit studio dans lequel ils passent la majeure partie de leur temps. Ils se permettent cependant parfois des excursions sur le mont Noir, à Bailleul, ou à Lille. Ils partiront tous trois le 30 mai. Les unes à Paris, l'autre à Bucarest. Tous avec le souvenir d'avoir écrit une partie de leur oeuvre dans la maison d'enfance de Marguerite Yourcenar. •

 

PAR LUCIE DELORME

hazebrouck@lavoixdunord.fr

samedi 19.05.2012

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Hazebrouck/actualite/Secteur_Hazebrouck/2012/05/19/article_la-villa-yourcenar-offre-un-cadre-propic.shtml

Par Stéphanie Hochet
Voir les 0 commentaires
Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 18:00

 

 

S.H.-copie-1.jpg Les Mayas ont prédit la fin du monde pour le 12 décembre 2012. On ne sait toujours pas ce qu'il en sera. Chez Stéphanie Hochet, c'est le gouvernement britannique qui a délivré une mystérieuse Annonce, n'augurant rien de bon, pour le 21 mars d'une année non déterminée mais évidemment suffisamment proche pour susciter angoisse et projection. Comment se comporter lorsqu'un tel compte à rebours est enclenché ? C'est ce que l'on observe entre, Londres, Paris et les grandes terres d'Ecosse dans les pas de Tara, Patty, Alice Simon et Ecuador, entre autres. Comment vivent les Hommes lorsqu'ils savent leurs jours comptés ? Faut-il tendre à la prostration, la rumination voire l'auto-appitoiement et tenter un bilan de son existence ? Est-il mieux de fuir tout questionnement, avec la volonté certes un peu puérile mais certainement salutaire, d'effacer l'échéance fatidique ? Ou convient-il au contraire, en pleine conscience, d'empoigner l'existence, d'en convoquer les potentialités et d'en profiter pleinement?

S'il n'y a évidemment pas de règle à édicter en la matière, ces comportements se trouvent à peu près tous convoqués dans le roman de Stéphanie Hochet. Car s'il ne saurait se réduire à un roman d'anticipation, Les éphémérides est incontestablement un roman aussi pré-apocalyptique. D'autant plus troublant que - si le futur en question n'est pas temporellement daté - il est incontestablement suffisamment proche pour que l'on puisse presque s'y reconnaître, au moins le comprendre, et s'y projeter... avec un certain effroi, au départ du moins. Et c'est une autre force de ce texte que de ne distiller les indices qu'au compte-goutte, appliquant en cela les recettes des plus grands maîtres du suspense. À leur image, Stéphanie Hochet maintient une tension, distille avec parcimonie et talent références aux « événements », indices et signes mortifères, faisant du lecteur le complice d'une imminence dont il ignore la teneur précise mais devine la dimension dramatique. Margaret Thatcher n'est plus de ce monde mais les gens s'en souviennent encore, pas seulement dans les livres d'histoire. Londres est toujours la capitale de l'Angleterre et Paris celle de la France. Quant aux êtres humains qui habitent cette temporalité, ils semblent animés des mêmes envies, désirs et besoins que nous.

Science ou fiction ?

À la différence des scènes de panique, de précipitation et de cohue qui animent habituellement les romans traitant d'une telle thématique de fin du monde, Les éphémérides suit les pas de personnages avançant envers et contre tout dans leur existence. Et si parler de totale sérénité à leur égard serait sans doute exagéré, tous sont mus par une étonnante détermination que l'approche des « événements » ne sauraient faire dévier. Bien au contraire. Puisque la Fin est à portée de main, tout semble permis. Les priorités s'inversent, la temporalité s'accélère, mais la vie demeure présente et les interdits érigés par des autorités appelées à disparaître sous peu n'appellent qu'à être enfreints. C'est dans un tel état d'esprit que semblent se trouver Tara et Patty : couple libre et étonnant de deux fortes femmes retirées dans un grand domaine des Highlands, unies par amour et par un projet, aussi fou que glaçant, qu'elles s'attachent à mener à bien depuis quelques années, secrètement cachées aux confins de leurs terres retirées : créer une race de chiens surpuissants. Manipulations génétiques, recherche de la puissance, de la perfection et de la maîtrise des organismes vivants... Les préoccupations qui animent Simon, le cousin de Tara, ne sont pas si éloignées. Lui aussi partage dans une certaine mesure ce souci de manipuler, de capter et de maîtriser une forme d'essence de la vie. Artiste-peintre à plein temps depuis quelques années, le cri est son obsession. Comme dans le laboratoire de sa cousine, il a développé dans son atelier un outillage spécialisé, visant à lui permettre d'outrer et de saisir les rictus extrêmes de ses modèles.

Savants fous, solitaires intempestifs, ces personnages ne sont pas pour autant totalement coupés du monde. Ils croisent et partagent aussi des moments et de bonheur avec des êtres manifestement empreints de vie : Tara et son ex-compagne Alice et plus encore sa petite nièce Ludivine, et surtout Simon avec la mystérieuse et magnétique Ecuador. Aussi sont-ils loin d'être marginaux. Mais plus familiers de l'étrange et des marges, ils semblent moins affectés par la proximité de la catastrophe annoncée. Peut-être le fait d'avoir renoncé de longue date à toute forme convenue d'existence atténue, voire annihile-t-il leur souffrance à cet égard. La fin qui leur serait proposée ne serait ainsi qu'une apothéose. C'est encore plus flagrant dans le cas de Simon qui, ayant appris qu'il était affecté d'un mal irrémédiable, ne peut que prendre du recul et relativiser une perspective qui ne se limite à pas à son être mais affecte tout le monde. Un mal qui devient rapidement secondaire... Loin de ressasser marronniers et poncifs du genre de l'anticipation et de la science-fiction, Les éphémérides propose ainsi une grande œuvre romanesque en même temps qu'une subtile réflexion sur le pouvoir, la corporalité, la normalité, habilement empoignée et dominée par des personnages essentiellement féminins. Peut-être une façon de boucler la boucle, de revenir à l'origine du monde pour évoquer la fin du monde ?... Surtout une façon de rappeler qu'à éternellement jouer à se faire peur, multiplier les informations angoissantes, on risque de passer à côté de sa vie. Sans se couper du monde ou se voiler naïvement la face, décaler le regard et penser à vivre avec intensité peut également réserver de belles surprises... Et l'Apocalypse envisagée ainsi se transformer en renaissance. Car, avant d'être un roman de la catastrophe, Les éphémérides est avant tout un hymne inattendu à la vie. Une alerte bienvenue par les temps qui courent.

Tuesday, 01 May 2012 11:59 T

 

Les éphémérides

Stéphanie Hochet

Rivages Voir le site de Zone Littéraire 212 p. - 17 €

http://www.zone-litteraire.com/litterature/chroniques/la-saison-de-la-fin.html

Par Stéphanie Hochet - Publié dans : Les Éphémérides
Voir les 0 commentaires
Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 17:46

Ephémérides  

Les  Éphémérides en bref :

ELLE magazine : « Cette fable pré-apocalyptique rassemble outre-Manche une poignée de anti-héros prêts à tout, et surtout à nous surprendre… »


Alain Mabanckou, écrivain , dans Jeune Afrique
« Stéphanie Hochet, une des plumes singulières de la nouvelle génération de la littérature française [...] Hochet a toujours embrassé des sujets "dérangeants", avec une maîtrise de la narration et une puissance dans l’incarnation des personnages qui font de ses fictions des moments de lecture inoubliables. »

Sean J. Rose, Livres Hebdo 
« Le roman choral de Stéphanie Hochet est un théatre, parfois cruel, où s'ourdissent des relations vibrantes de tensions psychologiques. »

Michèle Gazier, écrivain, critique à Télérama 
« C'est un superbe roman violent, troublant, tendre. »


Retrouvez l'intégralité des articles sur ce blog :

http://stephanie.hochet.over-blog.com/categorie-12345679.html
Par Stéphanie Hochet - Publié dans : Les Éphémérides
Voir les 0 commentaires
Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 17:37

 Invitée à l'émission littéraire d'Elise Fischer.

 

 Diffusion de l'émission :

 

  Lundi 25 juin 2012 à 21heures

  Dimanche premier juillet à 14 heures

 

 

A écouter également sur le site de RCF :

 

http://podcast.rcf.fr/emission/141948

 

http://www.rcf.fr/radio/rcfnational

 

 

 

Par Stéphanie Hochet - Publié dans : Les Éphémérides
Voir les 0 commentaires
Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 18:34

Les Éphémérides dans le top ten du "Elle" livres.

 

" Les éphémérides , de Stéphanie Hochet (Rivages). Le monde est fou ? Et alors ? Cette fable pré-apocalyptique rassemble outre-Manche une poignée de anti-héros prêts à tout, et surtout à nous surprendre…"

 

Semaine du 11 mai 2012.

 

Voir le site du Magazine "Elle" sur :

 

 

 http://www.elle.fr/Loisirs/Livres/Dossiers/Top10/Livres-le-top-ten-du-ELLE51#

Par Olivia de Lamberterie.

Par Stéphanie Hochet - Publié dans : Les Éphémérides
Voir les 0 commentaires

Profil

  • Stéphanie Hochet
  • Stéphanie Hochet, le blog officiel
  • Ecrivain. "Combat de l'amour et de la faim",Prix Lilas 2009. "La distribution des lumières",ed.Flammarion, Prix Thyde Monnier de la SGDL 2010. Critique littéraire pour "Le Jeudi" :hebdo du Luxembourg.

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés